Sport et U.V

Fév 10, 2026

RESUME FMC SPORT ET PEAU JDP 2025
Dr Stéphanie Leclerc-Mercier

La pratique sportive est en constante progression en France. Selon le baromètre Sport 2023 (INJEP), plus de 58% des Français de plus de 15 ans déclarent une activité physique régulière, un chiffre atteignant 72% chez les 15-24 ans. Les activités de plein air comme la marche et la course à pied dominent, et la pratique de sports d’endurance et d’ultra-endurance (trail, triathlon, cyclisme) est en nette augmentation, en France comme à l’international.

Ces activités s’effectuent le plus souvent en extérieur, parfois en altitude, où l’exposition aux rayonnements UV est plus intense (+10% tous les 1000–2000 m), et où l’albédo du sol (neige, surfaces claires) amplifie la dose d’UV reçue. De plus, les entraînements, souvent longs, se déroulent fréquemment aux heures de fort ensoleillement (12h–16h), augmentant le risque d’exposition excessive.

La peau du sportif présente aussi des particularités qui la rendent plus vulnérable : transpiration augmentant la dose érythémale minimale, immunosuppression transitoire liée à l’effort intense, et altération de la barrière cutanée. Des zones souvent négligées comme les oreilles, la nuque, les mains ou les lèvres restent fréquemment non protégées.

Les études montrent que la photoprotection reste insuffisante : chez plus de 2400 coureurs, seuls 23,5% adoptaient une protection solaire appropriée. Ces données se retrouvent dans la littérature quel que soit l’âge ou le sport pratiqué. Le port de vêtements à manches longues est rare, et les obstacles à la protection incluent le manque de disponibilité, le temps d’application, la gêne oculaire, ou la volonté d’obtenir un bronzage. Les mesures d’exposition montrent pourtant que les sportifs reçoivent jusqu’à 23 fois la dose maximale recommandée, atteinte parfois en moins de 20 minutes.

Enfin, plusieurs recherches (guides de montagne, surfeurs, coureurs) confirment une augmentation des lésions actiniques (kératoses, nævus, cancers cutanés). Chez les enfants, une étude française (Mahé et al.) a également montré une prévalence accrue de nævus chez ceux pratiquant des sports de plein air.

Les recommandations de photoprotection (INCa, centres anticancer USA, UK, Australie…) doivent donc être promues mais aussi adaptées aux contraintes réelles des sportifs, notamment lors des compétitions au pic UV. De plus, un travail d’éducation et de sensibilisation, notamment chez les coachs et éducateurs sportifs, apparaît nécessaire, leurs connaissances en matière de soleil et de photoprotection restant encore limitées comme le montre une grande étude récente réalisée en Allemagne.

Lors de la pratique du sport, pensez a regarder l’indice U.V et adaptez votre protection en fonction. A partir de l’indice 3 l’usage de protection est recommandé. Pour les coureurs, pensez à vos mollets qui sont une cible de choix pour les U.V.

Bon SPORT à tous.